A la recherche du Faune – Hipparchia statilinus
Vendredi 4 août 2006
Nous arrivons bientôt au terme de nos deux semaines dans les Alpes maritimes. Je n’ai toujours pas trouvé l’espèce que je suis venu chercher : Le faune – Hipparchia statilinus. Certes, je suis conscient que ce n’est pas dans les alpages que je vais rencontrer cette espèce. Il nous faut donc aujourd’hui aller à la recherche de nouveaux biotopes plus chauds et sablonneux. Il existe une zone dans laquelle je n’ai encore jamais fait de prospection. C’est dans les montagnes au sud d’Entrevaux que je vais mener mes recherches en ce jour.
Les routes sont désertes. Nous traversons des pinèdes interminables. L’espacement des arbres liassent la place à de petite clairières arides. Ce n’est pas le biotope qu’affectionne cette espèce, mais il faut tenter la chance. C’est le domaine de grands Satyridae , des petites Coronides – Satyrus actaea, des grandes Coronides – Satyrus ferula, des Mercures – Arethusana arethusa, des Silénes – Brintesia circe, des Missis – Hyponephele lycaon, mais pas de Faunes – Hipparchia statilinus.
Un peu plus loin, près du hameau de La Serre, dans des près coupés en début de saison, quelques plantes sauvages illuminent de leur couleur les graminées rases brûlées par le soleil estival. Ce sont principalement des panicauts aux inflorescences bleues et des Picris aux vaporeuses fleurs jaunes. Malgré leurs fleurs, les papillons ne sont pas très présents. En lisière de la chênaie qui les domine, la faune est un peu plus variée ; grands Nègres des Bois – Minois dryas, Grande Coronides – Satyrus ferula, Mercures – Arethusana arethusa, Missis – Hyponephele lycaon, quelques Piéridae et autres Lycaenidae que je ne peux déterminer sur le terrain. Toujours l’espèce convoitée.

Nous poursuivons notre retour qui descend maintenant dans une vallée large occupée par des près proprement coupés. Evidement, ces biotopes sont désertés par les insectes. Même le bord de la route reste d’une incomparable pauvreté. Les sols sont désespérément asséchés par des pratiques culturales ne permettant pas à la végétation d’économiser ses ressources en eau. C’est le royaume des éleveurs qui sacrifient la richesse de la nature au profit de la récolte du fourrage.
Les parcelles qui longent la rivière presque tarie qui serpente paisiblement sous les arbres de ses rives sont toutes clôturées et privatisées comme si elle recelaient des trésors inestimables.
Nous parcourons plusieurs dizaines de kilomètres sans voir le moindre biotope accueillant.
De retour sur la nationale qui remonte vers Digne, je choisis de faire une halte dans un chemin caillouteux qui permet d’accéder jusqu’à une citerne installée préventivement contre les incendies de forêts. Son exploitation récente est encore bien visible. Les grands arbres oint laissés place à de jeunes arbres qui permettent à la végétation herbacée de se développer. C’est un biotope intéressant, enfin qui a dû l’être en fin de printemps. Les dernières fleurs permettent aux rares insectes de se nourrir. Les espèces sont assez diverses mais les populations peu prolifiques. Les espèces classiques sont présentent : Demi-deuils – Melanargia galathea – bien sûr, Machaons – Papilio machaon, Flambés – Iphiclides podalirius, grands Nacrés – Speyeria aglaja, moyens Nacrés – Fabriciana adippe, Marbrés de vert - Pontia daplidice - Tabacs d’Espagne – Argynnis paphia, Fluorés – Colias alfacariensis, grandes Coronides – Satyrus ferula, Missis – Hyponephele lycaon, Argus bleu nacré – Polyommatus coridon.

Malgré le vent violent, les papillons restent actifs et volent à leur occupation favorite, trouver du nectar dans les corolles des fleurs. Nous progressons sur le chemin tantôt balayé par les rafales de vent, tantôt abrité par les groupes d’arbres épargnés par les dents d’acier des tronçonneuses.
Près de la citerne , un mince filet d’eau traverse le sentier. Les Lycénes se regroupent pour pomper grâce à leur trompe les sels minéraux du sable humidifié. Il y a deux espèces : l’argus bleu nacré – Polyommatus coridon et le Sablé du Sainfoin - Polyommatus damon.

Sur les fleurs du gigantesque pied d’Eupatoire chanvrine, des Ecailles chinées - Euplagia quadripunctaria - se délectent du nectar sucré qui leur est offert.

Ici aussi nous avons échoué dans notre quête de ce lépidoptère.
Le vent ne faiblissant pas et les nuages couvrant maintenant de plus en plus le ciel bleu que nous avions depuis le matin, nous retournons tranquillement jusqu’à notre véhicule puis jusqu’à notre logement. Il est 16 heures lorsque nous arrivons à Valberg. La température est de 17° C .
Liste des papillons observés près d’Entrevaux
Liste des papillons observés près de Rouaine

