Aîguines : une première sortie pour se mettre dans l’ambiance
Lundi 24 juillet 2006
Malgré la fatigue des deux journées de route pour traverser la France depuis Dunkerque jusqu’à Valberg et la journée d’hier durant laquelle nous avons passé environ 4 heures en voiture, nous choisissons de prospecter près du Lac de St Croix. Aiguines est notre but ultime, où j’espère trouver les Satyridae que je suis venu chercher (l’Hermite - Chazara brisei, le Chevron blanc - Pseudotergumia fidia et le Faune - Hipparchia statilinus). J’estime que pour les 130 kilomètres nous devrions mettre environ 2 heures 30.
Nous partons de Valberg à 8 heures. Le soleil brille, le thermomètre affiche 19°C, valeur bien éloignée des températures caniculaires annoncées par la météorologie nationale sur la totalité de la France. Parcourir les 13 kilomètres depuis la station jusqu’à Guillaumes nous demande déjà presque une demi-heure. Pour traverser les Gorges du Daluis, une autre demi-heure est nécessaire ! Et nous n’avons parcouru que 30 kilomètres…
Près de Jabron, nous faisons notre première halte. Séparé par un boisement qui longue la route, une petite rivière coule paisiblement. Dans son lit asséché de nombreuses plantes sauvages poussent. Les quelques fleurs attirent les abeilles et quelques papillons. Un peu plus loin, près d’une carrière de galets en dehors du cours d’eau, les rares fleurs ouvertes de la végétation rase attirent de petits papillons : le Fadet des Garrigues - Coenonympha dorus , l’Argus bleu-céleste - Polyommatus bellargus, Strimonidia sp, l’Amaryllis - Pyronia tithonus et d’autres lépidoptères un peu plus grands : la Belle-Dame Vanessa cardui, le Sylvain azuré - Limenitis reducta, le Demi-Deuil Melenargia galathea, le Souci - Colias crocea et le Fluorè, Colias australis. Rien de bien remarquable. Après une heure de prospection, nous reprenons la route en espérant trouver de meilleurs biotopes.

Nous arrivons près des Gorges du Verdon. La circulation est dense en ce milieu de journée et nous sommes obligés de suivre un transport militaire pendant de nombreuses minutes. La route est interminable. Je stoppe la voiture sous des arbres en retraits de la route sinueuse. Il n’y a pas de fleurs et les papillons sont rares. Durant notre pique-nique, j’aperçois seulement quelques Demi-deuils – Melanargia galathea, quelques piérides, un Hermite - Chazara briseis et un Sylvandre -Hipparchia sp (impossible à déterminer sans avoir pu le capturer). Inutile de passer plus de temps ici. J’ai toujours dans l’espoir de retrouver un bon terrain d’observation que je connais près d’Aiguines. Je ne me souviens plus précisément de son emplacement. Cela fait en effet presque une dizaine d’années que je suis passé par là, en juillet 1997 alors que nous étions en vacances à Pramousquier, dans le Var.
Après quelques arrêts infructueux durant lesquels je collecte quelques rares spécimens de Petite Coronide - Satyrus actaea et d’Hermite - Chazara briseis, je retrouve enfin le terrain que je cherche : une vaste garrigue entourée de bosquets de chênes, certainement une ancienne culture de lavande qui est maintenant envahie d’herbes sauvages, de pieds de thym, de ronces , de buis et de genêts. Seules quelques lavandes sont encore en fleurs. Les lépidoptères sont difficiles à trouver alors que j’ai en mémoire un biotope riche en papillons, en quantité et en diversité. Il est vrai que cette constation qui remonte à quelques années, je l’avais faite à une période différente, en début juillet. J’observe quelques spécimens de Petite Coronide - Satyrus actaea (espèce que je n’avais jamais trouvé ici), de Grande Coronide - Satyrus ferula, d’Hermite - Chazara briseis, de Sylvain azuré - Limenitis reducta, de Belle-Dame - Vanessa cardui, de Sablé provençal - Polyommatus ripartii, d’Azuré bleu nacré - Polyommatus coridon, de Sylvandre - Hipparchia sp, et un exemplaire de Mercure - Aretusa arethusana.

La chaleur écrasante (33°C) et la pauvreté de la faune ne m’encouragent pas à rester plus longtemps qu’une heure sur place. Seule récompense de la journée, avoir trouvé une forme pirata de Chazara briseis. Maigre consolation après avoir parcouru cette distance et passé plus de 4 heures sue la route….

Nous reprenons le chemin du retour vers 15 heures en passant par la rive droite des gorges du Verdon. Le ciel se couvre inexorablement. Il commence à pleuvoir peu après. Arrivés près d’Annot un violent orage éclate. Les trombes d’eau qui tombent rendent la conduite hasardeuse. Les voitures soulèvent des gerbes d’eau impressionnantes. La voiture part fréquemment en aquaplaning. Heureusement que le tracé de la route est assez rectiligne et que la signalisation horizontale est bien marquée. Malgré les conseils de ma femme, je continue à rouler même si je ne peux dépasser la vitesse de 30 kilomètres à l’heure. La traversée des Gorges de Daluis et la montée vers Valberg se font heureusement sous une pluie moins forte.
Liste des papillons observés à Jabron
Liste des papillons observés à Aiguines

