Le Col des Champs, versant coté Alpes maritimes
Mercredi 26 juillet 2006
Nous nous levons ce matin sous un beau soleil estival qui éclaire déjà de bonne heure la station de Valberg. C’est un temps idéal pour partir en haute montagne, au Col des Champs par exemple, qui était le but de notre journée précédente. Bien que sur la carte routière le col des Champs semble être tout proche de notre lieu de villégiature, il nous faut presque 1heure 30 pour arriver dans les lacets supérieurs, en limite des forêts de conifères et des alpages.
Un panneau indique un chemin forestier – Clôt de l’Aï - dans un virage. Après une dizaine de mètres parcourus dans une forêt de mélèzes, nous découvrons un alpage sec où fleurissent quelques pieds de lavandes qui attirent par dizaines des papillons des familles des Lycaenidae et des Hesperiidae qui essayent de ce faire une place parmi les nombreux Demi-deuils. Dans les prairies en contrebas de la route volent d’avantage de Mélitées. Occupés à pomper le nectar des fleurs, ces merveilleux insectes se laissent approcher ce qui nous permet de les photographier et de les filmer. Nous passons plusieurs heures à découvrir les papillons qui butinent les dernières fleurs de lavandes, de centaurées et de scabieuses.
Prés de la voiture restée le long de la route qui monte vers le col, des nombreuses plantes fleuries attirent également les papillons. Ce sont principalement des Tabacs d’Espagne – Argynnis paphia, des Moyens nacrés – Fabriciana adippe, des Grands Nacrés – Speyeria aglaja, des Grandes Coronides – Satyrus ferula, des Sylvandres – Hipparchia sp, mais également quelques Flambés – Iphiclides podalirius, quelques Machaons – Papilio machaon. Nous avons même la grande surprise de voir voler un Morio – Nymphalis antiopa. Cela fait de nombreuses années que je n’en ai pas rencontré un. La dernière fois remonte à juillet 1997, aux Savoyons dans les Alpes de Hautes Provence où nous avions trouvés, dans le lit d’une rivière des dépôts de pommes avariés qui attiraient de nombreux Nymphalidae , Petits Mars changeant – Apatura ilia, Grands Mars changeant – Apatura iris, Grands Sylvains – Limenitis populi, Grandes Tortues – Nymphalis polychloros et aussi quelques Morios – Nymphalis antiopa.

Malgré la profusion des lépidoptères, nous gravissons en voiture quelques kilomètres supplémentaires vers le col.

Dans une ligne droite, la même végétation composée de pieds d’une plante ayant de fleurs roses et de grands chardons encore en fleurs s’est installée ici, sur le bas coté, certainement à la suite des travaux de réfection de la chaussée et du profilage des talus. . Je retrouve les mêmes espèces. Il y a aussi quelques Citrons - Gonepteryx rhamni qui volent en compagnie des autres espèces citées précédemment.
Je souhaite poursuivre mon exploration et aller jusque dans les alpages à une altitude de plus de 2000m. C’est chose faite, je ne stationne pas au sommet, car c’est le lieu précis où tous les touristes font une pause. Je trouve un élargissement de la chaussée où je peux garer ma voiture sans gêner la circulation. Les alpages sont verts mais je constate toutefois les conséquences du mois de juillet caniculaire que nous venons de connaître : graminées aux épis roux et nombreuses fleurs fanées, déjà au stade de maturation des graines. Seuls les gentianes jaunes sont encore en fleurs.
J’arpente fébrilement les pentes peu abruptes voisines, en essayant de m’éloigner de la route afin de découvrir des biotopes moins sollicités par le tourisme et par le pâturage des bovins que je vois en contrebas, à plusieurs centaines de mètres. De nombreuses sauterelles et criquets sautent devant moi, d’herbes en herbes. Les lépidoptères sont rares. Je trouve quelques zygènes, des Grands Nacrés – Speyeria aglaja, des Moyens Nacrés – Fabriciana adippe, quelques chiffres – Fabriciana niobe. Les Lycénes sont également très discrets et je ne trouve pas d’espèces spécifiques aux alpages. Je vois voler quelques Candides – Colias phicomone qui attirent mon attention à cause de la coloration claire de leurs ailes.

A peine 15 heures et déjà les nuages qui s’accumulent et les coups de tonnerre qui se rapprochent mettent fin à cette courte prospection dans les alpages du Col des Champs, sur le versant des Alpes maritimes.

D'autres papillons restent sur les fleurs, comme figés par des températures glaciales Melitaea phoebe - La Mélitée des Centaurées
Quoiqu’il en soit la journée a été agréable et je reviendrais dans ces différents lieux pour affiner mes observations et pour poser un piège aérien pour estimer la population de Morios - Nymphalis antiopa, vus aujourd’hui.
Liste des papillons observés au Clôt de l’Aï
Liste des papillons observés au Col des Champs

