Des Gorges de Daluis aux Gorges du Cians
Mardi 1 août 2006
Je suis tenté de retourner dans la garrigue du sentier qui démarre du Pont de Berthéou, dans les Gorges de Daluis. En effet, il y a des papillons rencontrés uniquement en ce lieu jusqu’à présent, que je n’ai ni filmé, ni photographié.

Le début de chemin est assez fatiguant à gravir. IL est à peine 9 heures du matin et déjà nous suons à grosses gouttes. Arrivés sur les plateaux qui dominent la route et les gorges, je vais de droite et de gauche pour déranger les papillons qui se réchauffent aux rayons matinaux du soleil. Je suis le seul, à cette heure à troubler la quiétude des lieux. Ce biotope extrêmement sec ne convient qu’à quelques papillons. C’est principalement le Chevron blanc – Pseudotergumia fidia que je recherche. Le premier que je rencontre, encore engourdi par la fraîcheur relative de la matinée se laisse facilement approcher. Cela ne sera plus le cas d’ici peu, lorsque, à force de s’envoler, il aura augmenter la température de son corps. La séance photo va durer pendant près d’une demi-heure, avec le même ‘modèle’ qui devient de plus en plus capricieux et s’envole dès que je fais des mouvements trop brusques. Le papillon s’envole et va se poser quelques dizaines de mètres plus loin. Je le suis des yeux, immobile, car si je me déplace, je dois regarder où je pose les pieds et il suffit de le perdre de vue quelques instants pour perdre sa trace. Une fois posé, l’approche se fait avec beaucoup de lenteur et de précautions avant de le localiser. Les dessins ternes, gris, blancs et noirs de ses ailes lui permettent de passer inaperçu sur le sol rocailleux. De plus, il se pose perpendiculairement au soleil, pour ne pas être trahi par l’ombre que projetterai ses ailes sur le sol.
Le vent se lève petit à petit. Les papillons restent d’avantage au sol. Il faut parcourir tous le terrain, faire le tour de tous les bosquets afin de les débusquer. Dès qu’ils s’envolent, il se laissent porter par le vent sur de grands distances. Dans ces conditions, leur observation devient pénible. J’abandonne pour aujourd’hui.
Le vent est de plus en plus fort. Quelques papillons téméraires comme les Flambés – Iphiclides podalirius - se posent sur les pieds de sarriettes et se protégent du vent en s’enfonçant profondément entre les inflorescences.

Nous pique-niquons sur une table au bord des gorges de Daluis. Alors que je suis en train de manger mon sandwich, le vol d’un longicorne, à quelques mètres de moi, attire mon attention. Je me lève et balayant l’air d’un large geste circulaire, je perturbe son vol et il tombe au sol. C’est un magnifique coléoptères de 4 centimètres de long avec de longues antennes. J’ai appris cette technique d’Othello, mon ami depuis 9 ans, passionné de Cerambycidae, rencontré en Guyane lors d’une expédition entomologique. Que de souvenirs….
La chaleur écrasante de cette journée d’été ne nous motive pas à faire beaucoup de marche. Je souhaite revenir pas les Gorges du Cians pour faire des photographies des merveilleux paysage de cet endroit. Ayant toute l’après-midi devant nous, nous faisons un peu de tourisme, nous arrêtant à chaque point de vue, à chaque tunnel créés dans la dernière décennie afin d’éviter les passages de la route par les clues étroites. Marcher le long du ruisseau tout proche, à l’ombre des imposantes parois rocheuses nous procure un peu de fraîcheur par cette journée torride (journée durant laquelle des records de températures ont été battus dans les Alpes maritimes).
En chemin, les travaux récents de remblais ont été envahis par une végétation très florifère, où de nombreux papillons s’activent. Plusieurs Machaons – Papilio machaon – volent de fleurs en fleurs. Mais la pente escarpée ne nous permet pas de les approcher, ni par le haut, ni par le bas.

Nous finissons notre journée dans la prairie des Launes. Les papillons ne sont pas très actifs en cette fin de journée. Cela change des observations que nous avons faites la semaine dernière à une heure similaire. Cette différence résulte certainement de l’ensoleillement continue du biotope qui a permis aux insectes de rester actifs durant toute la journée. L’observation faite précédemment montrait une activité intense à la même heure résultant d’un ensoleillement plus réduit durant la journée, réduisant la période d’activité des papillons à cet fin d’après-midi.
Deuxième (et dernière) journée sans pluie.
Liste des papillons observés au Pont de Berthéou

