Des vacances entomologiques dans les Hautes Alpes  -  juillet  2005

et dans les Alpes Maritimes

fin juillet / début août 2006

Informations sur les Lépidoptères diurnes de France

 

 


 

Les  prospections  et   les  interrogations  d'un  entomologiste, collectionneur  de  papillons, sur le dynamisme  des  populations  de  Lépidoptères  diurnes  et  d' autres  insectes  du  Briançonnais et des Alpes maritimes.

Tout ce que vous voulez savoir sur les papillons vivant en France: description, répartition, bilogie, variations,.... à travers les textes d'ouvrages spécialisés.

Contact : bpenin@nordnet.fr

 

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Créé le 2 août 2005

 
Jeudi 10 août 2006

Explorations au Col du Fa

 

Dimanche 30  juillet  2006

 

 

 

 

En ce dimanche, ne voulant pas perdre de temps sur les routes qui sont obligatoirement plus encombrés, mon choix se porte sur un lieu proche de Valberg et suffisamment éloigné des circuits connus. Nous partons aujourd’hui à 10 heures. Après avoir fait quelques achats complémentaires à Guillaumes, nous allons tranquillement jusqu’au début du col du Fa. Je souhaite explorer le chemin qui descend vers le ruisseau, chemin que je n’ai pas pu découvrir mardi à cause de la pluie qui avait coupé court à notre journée.

 

 

Le chemin descend rapidement vers une citerne et point de captage d’eau qui alimente le village de .

 

 

Les dernières fleurs de ronces attirent les grands Nègres des Bois – Mionis dryas - qui parcourent le sous-bois en quête de nourriture. J’imagine  les nombreux d’insectes qui devaient voler ici, un mois plus tôt, lorsque les massifs de ronces étaient en fleurs.

 

 

Sur les bords du chemin, tantôt ensoleillés, tantôt ombragés, les papillons ne sont pas nombreux. Ce sont surtout des Grandes Coronides – Satyrus ferula – et des Sylvandres – Hipparchia sp - qui s’envolent à notre approche. Ils restent un court moment près des roches qui surplombent le sentier, s’enfoncent rapidement entre les arbres puis disparaissent, hors de notre vue. Sur les rares fleurs herbacées viennent butiner de vieux demi-deuils – Melanargia galathea, des Amaryllis – Pyronia tithonus, des Fadets des Garrigues – Coenonympha dorus, des Piérides – Pieris brassicae et Pieris napi, des grandes Coronides – Satyrus ferula - aux ailes déchirées, des argus bleu-nacré – Polyommatus coridon et des petits Hesperidés du genre Thymelicus.

 

 

Près de la citerne, des eupatoires en fleurs sont assaillis par de nombreux Tabacs d’Espagne – Argynnis paphia – qui se disputent la place avec des moyens Nacrés – Fabriciana adippe - et des demi-deuils – Melanargia galathea.

 

 

                                                       Le Tabac d'Espagne

Le sentier, devenant de plus en plus étroit, longe maintenant le lit du ruisseau. Les fortes pluies de ces derniers jours ont causés quelques dégâts. Les herbes et certains arbustes sont couchés suite à la montée des eaux sur les rives. Notre attention est attirée par l’envol de Sylvandres. Ils viennent de partir du tronc d’un arbre, un prunellier, dont le tronc a été meurtri. Bien que nous n’apercevons aucun suintement de sève, les insectes reviennent se poser et se nourrir toujours au même emplacement sur le fut de l’arbre. En restant plusieurs minutes à observer leur manége, j’ai le temps d’observer et de photographier les différents gourmands venant prendre part au festin. Les plus affamés semblent être les Sylvandres. Ce sont les plus nombreux. Ils sont peu farouches, s’envolent fréquemment au moindre geste de ma part mais reviennent aussi soudainement qu’ils sont partis. Entre leurs allers et venus incessant, d’autres lépidoptères viennent prendre leur place. J’observe des Silènes - Brintesia circe – un Agreste - Hipparchia semele – un Vulcain – Vanessa atalanta , des Roberts-le-Diable – Polygonia c-album et surtout deux Morios – Nymphalias antiopa - qui me narguent en se posant sur des branches voisines en se tenant à distance respectueuse.

 

 

Nymphalias antiopa posé, tête en bas, sur le tronc blessé d'un prunellier. La coloration de ses ailes lui permet de passer inaperçu.

Fort de ses observations, je scrute maintenant les troncs des arbres à la recherche des papillons posés les ailes fermés, se confondant par mimétisme avec l’écorce des troncs mais qui trahissent leur présence par de brefs battement de leurs ailes laissant apparaître des couleurs éclatantes. Je déniche ainsi d’autres Roberts le diable et des Sylvandres posés sur des troncs de saules blancs.

 

 

Désireux d’explorer d’autres biotopes, nous reprenons la voiture jusqu’à un groupe de maisons situées sur une zone plus fertile où de grandes prairies viennent d’être fauchées. La route n’est plus goudronnée. De petites clairières sont utilisées pour faire paître le bétail : ânes, chèvres et moutons. Quelques unes, de petites dimensions, sont encore intactes et recèlent de nombreuses centaurées en fleurs sur lesquels les grandes Coronides – Satyrus ferula – et les innombrables Demi-Deuils – Melanargia galathea - se regroupent. Ici aussi je fais le même constat. La majorité des mâles ont les ailes abîmées : écailles manquantes et ailes déchiquetées, alors que les femelles ont les ailes en parfait état.

 

 

En observant de plus près les petits lépidoptères plus discrets qui cohabitent avec ces grandes espèces, je remarque que pour les Cuivrés de la Verge d’Or – Heodes virgaurae – le constat est le même. Les mâles ont déjà bien vécus si je prends en compte l’état de leurs ailes alors que les femelles ne présentent pas cet aspect. Décalage des éclosions ???

 

 

Heodes virgaurae - Le cuivré de la Verge d'or - La verge d'or étant le nom d'une plante à fleurs jaunes.

Ayant parcourus la majorité de ces biotopes et rencontrant toujours les mêmes espèces, je voudrais aller voir quelle faune cache les bords des chemins des routes forestières que nous avons aperçu auparavant. L’avancement dans la saison et surtout en raison du mois de juillet caniculaire que nous venons de connaître font que sur les bords des routes la végétation est encore un peu verte mais la majorité des plantes ont fini leur floraison. Les papillons butineurs de nos régions ont certainement adaptés leur cycle vital à ses conditions particulières. De ce fait, ils ne sont plus nombreux à voler et cela est d’autant plus vrai que nous prospectons dans des milieux encore plus secs comme les garrigues, les pinèdes et les chênaies méditerranéennes. Seules les endroits ombragées, protégeant les plantes des effets asséchant des rayons solaires, possèdent encore quelques rares plantes herbacées en fleur. C’est là que se regroupe les derniers lépidoptères. Les espèces sont toujours les mêmes et les individus peu nombreux . Les nouvelles espèces ainsi rencontrées sont des Citrons – Gonepteryx rhamni et des Nacrés de la Sanguisorbe - Brenthis ino.

 

 

 

 

 

Liste des papillons observés au Col de Fa

 

 

 

 

 

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